Vous souhaitez vous inspirer de pratiques de connexion que vous avez connues avec Entre les Arbres ou par d’autres canaux mais vous n’osez pas car vous avez peur d’être moqué.e, incompris.e, voire rejeté.e par votre clan, vos clients, vos stagiaires, vos collègues ?
Et peut-être que dans le doute, n’osant rien proposer, vous ne permettez pas à ces personnes de votre entourage de découvrir une manière plus connectée d’être au monde ?
Pourtant, il est possible de proposer des choses, par petites touches.

Quelques exemples
- Un cercle de gratitude au repas de Noël en famille
- Une sortie à la recherche de traces d’animaux avec les enfants – ou des ami.e.s
- Un sit spot à plusieurs
- Un cercle de partage des ressentis avant de voter une décision en Comité Executif
- Une météo des émotions avant une réunion
- Une formation en forêt plutôt qu’en salle
- Une médiation en marchant
- Un après-midi vannerie sauvage avec des copains
- Le jeu de la pince à linge dans l’entreprise toute une semaine (accrocher discrètement une pince à linge aux habits de quelqu’un d’autre sans qu’il ne l’apperçoive)
Quel est le terrain favorable ?
Les deux piliers pour transmettre ce qui vous tient à coeur sont la confiance et la motivation.
La confiance
Les personnes à qui vous allez faire vivre un bout de quelque-chose de différent, en lien avec une routine de connexion, vous font-elles confiance ? Et vous, avez-vous confiance en elles, qu’elles vont pouvoir accueillir au moins un peu ce que vous allez leur proposer ? Si la réponse est non à au moins une de ces questions, voyez ce que vous pouvez changer au niveau de votre public. Peut-être que ce ne sont effectivement pas les bonnes personnes ? Ou bien demandez-vous si vous pouvez proposer quelque-chose de plus accessible. Un micro-changement ?
Dans vos zones d’interface habituelles (toutes sphères de votre vie confondues), avez qui avez-vous déjà tissé une alliance suffisante ?
La motivation
Les personnes à qui vous allez vous adresser sont-elles motivées pour expérimenter quelque-chose d’un peu différent de leurs habitudes ? Si la réponse est non, même chose, voyez comment vous pouvez réajuster votre public. Ou voyez si un micro-changement serait plus à même de relever la motivation.
Comment inspirer les gens que vous visez pour leur donner encore plus envie ? Partagez-leur une histoire qui vient de vous, vivante, et qui raconte ce que vous avez vécu quand vous, vous avez été au contact de cette expérience.
Comment d-oser (doser et oser) ?
Si vous avez coché oui à toutes les questions précédentes, il va sans doute falloir ajuster ce que vous avez vécu, dans un contexte où la plupart des autres personnes étaient comme vous, c’est à dire désireuses d’explorer un rapport au vivant plus authentique, et ce, de manière pro-active, avec un certain vécu avant d’arriver.
Vous allez vous adresser à des gens qui n’en sont pas là. Il y a deux risques : celui, évoqué ci-dessus, de ne rien oser, dans le doute, pour ne pas tirer trop fort sur l’élastique. L’autre est de tirer trop fort sur l’élastique, justement, en proposant un dispositif trop « barré », « difficile », « abstrait », « différent », « bizarre », « lent », « ennuyeux », « dérangeant », etc… (ces mots reviennent souvent dans la bouche des gens qui n’ont pas adhéré à la proposition).
Pour trouver le juste milieu, c’est un vrai jeu d’équilibriste.
Et d’écoute profonde.
L’écoute profonde pour ajuster au fur et à mesure
L’idée est d’arriver avec une proposition en tête, mais surtout, avec de la latitude dans le dispositif pour ajuster le curseur au cours de la séquence. Si les participant.e.s émettent trop de signaux infraverbaux (voire verbalisés) indiquant qu’ils et elles sont en train de décrocher (ricanements, rallumage du téléphone, bavardages, fuite à distance, froncements de sourcils, visages fermés, nombreuses questions, joutes verbales), revenez à des propositions plus classiques. Si au contraire, vous sentez les participant.e.s à l’aise, augmentez d’un cran (et d’un cran seulement) la distance à ce qui est connu : proposez des choses que les gens n’ont peut-être jamais vécu, en leur promettant 1) que ce sera comme une exploration et 2) que cette manière de faire différemment prendra fin dès que cette séance sera terminée et que les personnes pourront retrouver leurs anciennes habitudes sans problèmes – si elles le souhaitent.
Soyez donc surtout à l’écoute, à chaque instant, de ces signaux, et de vos propres ressentis : vos neurones miroirs, votre empathie vont vous être très précieux pour sentir où est le groupe.
Avec votre dispositif initial, vous arrivez avec votre navigation tracée sur votre carte. Mais il y a des courants et des vents, qui demandent à prendre d’autres chemins pour arriver à destination.
Comment vous pouvez muscler votre adaptabilité pour pouvoir facilement tenir compte de ce que votre écoute profonde vous aura permis de déceler ?
Un exemple d’ajustement en « live »
Je proposais un bain de forêt pour un séminaire de direction d’une société de plusieurs centaines d’employés. J’avais les 3 premiers rateaux, soit le DG, les Directeur.ice.s et les chef.fe de service. Un monde à forte dominante masculine, dédié aux travaux d’entretien des végétaux. Dès la première proposition, une marche lente et silencieuse, il y a eu des remarques et des ricanements. Texto, un homme a dit à deux autres hommes, à voix haute (la consigne était d’être en silence) : « ces trucs-là, c’est des trucs de gonzesses ». Même si ce genre de propos est très difficile à laisser passer, il m’a été nécessaire de réajuster assez nettement le déroulé en proposant des invitations plus ludiques, semi compétitives par équipes, et dans le faire : la confection d’un land-art par équipe, chaque équipe étant affiliée à un sens : goût, toucher, etc… Cette proposition a pris.
La diffusion de proche en proche
Dans l’exemple ci-dessus, il m’est apparu assez clairement que je n’étais pas la bonne personne pour offrir cette prestation. Il aurait fallu que ce soit une personne intermédiaire entre ce que je suis devenu (même si je viens de ce monde-là aussi, le monde de l’entreprise), et ces publics. Un coach d’organisations formé à de petites propositions simples à faire dehors, loin d’un véritable bain de forêt. Il y avait un risque que je n’incarne pas la connexion avec des gens que j’aurais pu juger « trop déconnectés » ou « trop patriacaux ». Et en étant coupé d’eux, comment voudriez-vous que j’offre un espace connectif ? Ca s’est joué à peu dans cette histoire.
Trouver son public, et renoncer à d’autres publics, voilà aussi qui permet d’offrir de la connexion de manière ajustée pour toujours oser des espaces un cran plus loin que d’habitude, mais avec des publics avec lesquels je resterai en lien de coeur à coeur quoi qu’il arrive, quoi qu’ils disent ou fassent.
Alors et vous, quels sont vos publics cibles ? Si ça se trouve, vous êtes cette personne intermédiaire ? Ce serait fantastique !
Dans tous les cas, bonnes expérimentations.
