Le pin

Posted on février 24, 2019 | 2 comments

Pinus

 

Lumière, énergie, vitalité, sagesse

 

Le pin est un arbre à toute épreuve, qui pousse dans les environnements les plus hostiles. C’est un arbre blindé, qui tire sa survie grâce à sa vitalité, même dans les sols les plus pauvres, à condition qu’il soit au soleil. Il semble se nourrir de peu, comme les adeptes du prana ne se nourrissent que d’air et de lumière.

Sa qualité principale est la lumière en rapport avec la vie, à savoir la vitalité. Il n’est qu’à contempler une forêt mixte, à la tombée du jour. Les feuillus sont déjà dans l’ombre, et les pins, éblouissants, retiennent la lumière dans sa couronne qui s’ouvre et forme une ombrelle. Faites l’expérience, par exemple à Fontainebleau.

 

 

Le pin, vu depuis différentes cultures traditionnelles

 

Pour les Taoïstes de la Chine antique, et pour les Indiens Nez Percés, le pin est associé au feu. Les Celtes aussi appelaient déjà le pin « arbre de feu ». Non seulement parce que, grâce à son écorce, il résiste mieux aux incendies, mais parce que sa résine donnait aux hommes de la lumière quand elle était utilisée comme combustible. De même pour ses copeaux. Dans le calendrier celte, le pin survient au terme du mois d’août, quand la lumière décline et qu’il nous invite à la transformer en lumière de la sagesse, et revient au mois de février, où se rallume la lumière de l’espérance. Quelques lumières célèbres, natives du pin : Victor Hugo, Ingrid Bergman et Léonard Bernstein. Outre Atlantique, les Iroquois le nomment le « Guetteur du ciel » qui pousse vers le ciel pour apercevoir ses frères, transformés en étoiles, encore des lumières dans la nuit.

Le pin compte plus de cent espèces,ce qui est un chiffre record pour les conifères. Il inspire la lumière encore, au sens métaphorique, par son rôle d’éclaireur pour les autres espèces. Le pin, comme le bouleau, recouvre les zones stériles, par exemple suite au retrait glaciaire, et prépare le terrain pour les suivants.

 

Les vertus guérisseuses du pin

 

Sur un plan subtil, le pin aide à retrouver notre lumière intérieure, de la lucidité, et de la clarté sur nos intentions, nos besoins, nos émotions. L’égo, les peurs, les jugements, les monologues intérieurs négatifs (MIN) s’apaisent et l’on revient à son essence.

Sur le plan scientifique, le pin, comme tous les conifères, émet des phytoncides, dont des terpènes comme l’alpha-pinède et le béta-pinède, qui sentent si fort le pin, et plus généralement la forêt. On savait déjà que l’exposition aux huiles essentielles de pin (qui contiennent ces terpènes de manière très concentrée) soulageait les symptômes dépressifs et était utile pour diminuer l’anxiété. Depuis peu, le lien entre ces terpènes et les effets de leur exposition bénéfique a été mis en lumière (sic) par la science, grâce notamment aux travaux du Docteur Qing Li. Ils boostent les cellules NK du système immunitaire, renforcent la présence de protéines anticancer perforine, granzyme A et granulysine.

 

Le pin, acteur du territoire

 

Il est hermaphrodite, c’est à dire qu’il contient des organes reproducteurs mâles et femelles dans le même arbre, ce qui lui assure la reproduction facilement par le vent. L’espèce la plus répandue du genre pin est le pin sylvestre (Pinus sylvestris). Il peut vivre de 150 à 300 ans, pousse rapidement au départ, et peut mesurer jusqu’à 40 m de hauteur. Son bois est facile à travailler, et est très utilisé en Skandinavie par une tristement célèbre multinationale du meuble à monter soi-même, organisation qu’il faudrait plutôt démonter que rendre encore plus visible. Il est fortement mis à mal, ces temps-ci, par la chenille processionnaire du pin, qui pullule dans nos régions.

Depuis un siècle, le Pin noir d’Autriche a servi à reboiser de nombreux espaces en déprise agricole, en montagne. Récemment, les Indiens Kogi, qui ne connaissaient pas cet historique, sont venus en visite dans la Drôme pour réaliser un diagnostic territorial. Ils ont immédiatement « senti » que cette espèce n’était pas endogène, en disant qu’elle n’avait rien à faire là, qu’elle participait à un déséquilibre.

 

Sources

 

L’énergie des arbres – Patrice Bouchardon

Accueillir l’énergie des arbres guérisseurs – Patrice Bouchardon

Histoires d’Arbres, des sciences aux contes – Philippe Domont, Edith Montelle

Calendrier Celtique – Michaël Vescoli

Kaizen https://www.kaizen-magazine.com/article/dialogue-inedit-entre-indiens-kogis-et-scientifiques-dans-la-drome/

Shinrin-yoku, l’art et la science du bain de forêt – Qing Li

2 Commentaires

  1. Article super intéressant merci

  2. Merci pour cet article! J’avais déjà remarqué que l’odeur de l’huile essentielle de cèdre avait quelque chose de l’ordre de l’humus, qu’elle me rappelait des racines qui s’enfoncent dans un mélange de terre et de matière organique.

    Ca fait au moins 2 an que je ne l’ai plus humé. Je vais m’y remettre lors de mes pauses 🙂

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