Le chêne

Posted on septembre 6, 2018 | 0 comments

Quercus Robur

 

Indépendance, ancrage, puissance et sagesse

 

Le chêne, de par ses formes, son port, la majesté qui s’en dégage, a inspiré les humains sans doute depuis l’aube de l’humanité. Dans ce que nous projetons sur lui, il est l’analogue chez les arbres du lion chez les animaux. Plus précisément, il réveille sans doute le roi (ou la reine) en nous.

Il nous renvoie à notre propre puissance, que nous voyons en lui à travers ses charpentières solides, déployées à l’horizontal au-dessus du vide sur parfois plus de 20 mètres d’amplitude. Puissance qui est devenue guerrière, avec son apogée au XVIIIème siècle, par l’utilisation de chênes spécialement éduqués et formés pour devenir des pièces de navires de combat quasiment indestructibles aux canons, aux champignons et aux rongeurs. Mais pas seulement guerrière, architecturale aussi, car le merrain (le coeur des troncs), de part les qualités listées ci-dessus, a aussi permis de faire surgir nos cathédrales.

Il nous montre également la voie de l’ancrage, par ses racines, que nous devinons profondes et charnues dans le sol en en voyant les prémisses au raz de la terre. Malgré son immense prise au vent, il peut résister, seul au milieu d’un champ, à de terribles bourrasques. Cela provient de son immense système racinaire.

 

Indépendance, gui et druides

Le chêne, malgré sa phonétique liante (chaînes), c’est aussi l’indépendance. Il n’a besoin de personne pour se développer de façon à être totalement lui-même. Le tanin de son écorce, de ses feuilles et de ses glands est si astringent qu’il le protège des agressions. C’est de là que vient la préciosité de son gui, qui de fait ne parvient à s’y loger que rarement. C’est ce qui a inspiré les druides de nos ancêtres celtes durant des siècles, qui adoraient les chênes comme des divinités et qui en ont fait un des 4 arbres sacrés de leur calendrier (équinoxe du printemps, en symbole de son incroyable force vitale). Les Druides colportaient ensuite, dans le couvert des forêt, de communauté en communauté, leur énergie d’indépendance au pouvoir temporel à tel point que Jules César, un peu comme dans le « Domaine des Dieux », a fait raser de nombreux chênes pour casser ces mouvements séditieux en même temps que le culte. Et malheureusement, il n’y avait pas cette fois-ci les graines magiques de Panoramix pour que les chênes repoussent en une nuit.

Les druides n’étaient pas les seuls à voir les chênes comme associés aux dieux. C’était l’arbre de Thor, dieu du tonnerre, et de Zeus son confrère chez les grecs.

 

L’indépendance au service de la qualité relationnelle

Le chêne inspire l’indépendance, mais il n’en demeure pas moins en relations avec des nombreuses autres espèces. Un chêne sénescent (vieux de plus de 500 ans) peut abriter des milliers d’animaux et de plantes. Il est une ville à lui tout seul. Un de ses compagnons favoris est un champignon très recherché : la truffe. C’est avec cet hôte que la relation mycorhizienne se crée. La truffe donne de l’eau et des nutriments (ex: phosphates) aux racines, et les racines l’échangent contre des sucres. Il se peut aussi, d’après les récentes découvertes sur les réseaux mycorhiziens, que ces deux espèces s’échangent même des informations. Plus précisément, à l’aide de ce réseau qu’on pourrait désormais appeler le Wood Wide Web, le chêne, comme tous les arbres, échangerait avec ses congénères des  informations et des souvenirs, en plus des nutriments.

Indépendant (à part des champignons mycorhiziens), le chêne nous montre donc qu’il peut avoir des relations de qualité. En fait, c’est même justement parce qu’il est peu dépendant des autres qu’il peut être lui-même, et faire profiter aux autres en retour du meilleur de ce qu’il a à offrir au monde. Les autres être interagissent avec lui parce qu’il rayonne de sa puissance et de sa couleur unique, et il rayonne de sa puissance car il a pris la responsabilité de ses besoins, au lieu de demander aux autres de les combler. Inspirant, n’est-ce pas ?

 

 

 

Ce chêne habite à Dartington Hall, près de Totnes (là où sont nées les Villes en Transition), dans le Devon (UK). Il a été possible de s’installer à l’intérieur du tronc pour y faire une méditation hors du commun.

 

 

Application pratique

Pour goûter à la mécanique décrite ci-dessous, consistant à apprendre à nourrir ses propres besoins pour mieux être en relation en retour, nous ne proposons pas un exercice guidé mais une formation, que nous animons au moins une fois par an : « S’inspirer du vivant pour faire grandir son intelligence relationnelle »

Sources

L’énergie des arbres – Plantes et Santé, hors série 2017

Calendrier Celtique – Michaël Vescoli

Asterix, Le Domaine des Dieux – Uderzo et Goscinny

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