Les mycorhizes nous inspirent pour entreprendre

Posted on novembre 13, 2017 | 0 comments

Jeudi dernier, s’est tenu à Lyon Confluence le premier Émerveillement Matinal, organisé par AJC Maintenant et ensemble ! (Alexis Claisse) et Philométis (Olivier Frérot). Ces petits déjeuners professionnels matinaux proposent d’expérimenter la mise en relation de domaines d’expertise a priori très différents.

 

Emerveillement matinal

La première édition a ouvert très fort. Les deux domaines intersectés étaient la science des mycorhises (les réseaux de champignons autour des racines des plantes) et l’aide au développement de l’entreprenariat.

Daniel Wipf, chercheur à l’Université de Bourgogne, est venu présenter les derniers résultats de la recherche scientifique en matière de mycorhizes, ces filaments qui sillonnent les sols naturels et qui alimentent les racines des plantes en eau en échange de sucres, et permettent des transferts de nutriments d’une plante à l’autre. Ils permettent de connecter sous forme de WWW (Wood Wide Web) les arbres entre eux, à des distance dépassant plusieurs dizaines de km. La transmission des informations se fait de manière électrique, comme dans nos réseaux de neurones à nous, permettant aux arbres de se prévenir quasi-instantannément de l’arrivée d’un agresseur spécifique, afin de leur permettre d’anticiper la sécrétion d’un répulsif naturel. Grâce à cet internet des forêt, les arbres collaborent entre eux bien plus qu’on ne le soupçonnait auparavant. Le livre « La vie secrète des arbres » et le film « L’intelligence des arbres » en parlent aussi très bien. Les chiffres sont vertigineux: pour 200 g de sols, 100 km de réseau de filaments de champignons, 200 000 insectes et 200 milliards de bactéries. La vie des sols est extrêmement riche et cet écosystème complexe constitue le terreau à partir duquel les plantes se développement. Elles développent leurs micorhyzes à partir d’un champignon qui « investit la place » et enveloppe les racines jusqu’à pénétrer (dans certains cas) la première barrière des cellules végétales, la paroi, tandis que la membrane se replie autour du champignon qui développe un « buisson » aux ramifications parfois plus complexe que tout un poumon. Dans chaque cellule. Les ramifications sont tellement denses que la surface d’échange entre l’organisme et le champignon mycorhizien, via la membrane, sont démultipliées d’un facteur énorme. Cette interface va permettre à la plante de « donner » certains nutriments au réseau à un certain moment puis de « récupérer son investissement  » à un autre moment.

Le parallèle a alors été passionnant à faire avec l’exposé de Raddouane Ouama de la Métropole de Lyon. Raddouane a partagé son expérience de l’accompagnement de l’entreprenariat, un écosystème complexe qui aide les jeunes entreprises à démarrer et à croître. La compétition sauvage n’est clairement pas une règle de survie mais bien plus sûrement, comme le montre la théorie des jeux, la certitude d’aller vers une stratégie perdant / perdant. La coopération est bien plus avantageuse pour les différents acteurs, à long terme. Et la coopétition, compétition cadrée pour optimiser le meilleur rapport stimulation / sécurité, a déjà démontré sa viabilité.

Synthèse (en live) par Olivier Frérot : dans les deux cas, la santé du substrat, l’écosystème dans lequel pousse la plante (ou l’entreprise), est déterminante. La stratégie long terme est bien plus avantageuse que la stratégie court terme. Donner aujourd’hui engendrera nécessairement un retour à l’envoyeur demain – ou après demain. Dans les deux cas, les réseaux sont invisibles et pourtant c’est là que l’information et l’énergie circulent le plus.

Le parallèle entre la cellule et le collaborateur peut même être osé. Dans ce cas, le réseau mycorizien, qui n’appartient pas à la plante et qui pénètre tout de même dans la cellule, peut être assimilé à un réseau privé appartenant au collaborateur sur lequel il est branché hors de son entreprise. Mais il emmène avec lui ce réseau, et en fait profiter l’entreprise. Il peut s’agir d’un investissement associatif par exemple, et le collaborateur est à l’interface entre l’univers de l’entreprise qui l’emploie et l’association dans lequel il est impliqué. Les plantes nous montrent que l’étanchéité n’est pas intéressante, et que la porosité permet des fertilisations croisées bien plus prometteuses.

La conclusion, selon Entre les Arbres, c’est que les collaborateurs ont tout à gagner à être pleinement eux-mêmes, même dans le monde du travail. Ils auront plus de nutriments, et toute leur entreprise aura plus de nutriments.

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