Le hêtre

Posted on mai 13, 2018 | 0 comments

 

Fagus sylvatica

Confiance en la vie, confiance en soi

 

Que ressentez-vous lorsque vous pénétrez dans une hêtraie ? Que vous inspire cette espèce de cathédrale végétale faite d’un sol de feuilles molles, vierge de végétation, où les sons se perdent au loin, et où la lumière filtre à travers des feuillages de façon magique ?

Le hêtre se fait confiance à plus d’un titre. Son écorce est très fine en comparaison des autres arbres. Il fait confiance en son système immunitaire en cas d’attaque, et en sa capacité à réguler la sève en cas de grand froid. Il peut attendre des décennies avant d’avoir enfin la lumière pour se faire une place. Il attend son heure, confiant qu’elle viendra, tôt ou tard. Il pousse droit la plupart du temps, sûr de lui et sa place. Parfois aussi, il décide d’exprimer des formes plus audacieuses, et la forêt retient celles qui fonctionnent. Il parvient à se maintenir en vie avec seulement 2% de lumière, car ses parents en prennent pour eux les 98% restants, au point que dans une hêtraie, même les ronces ne poussent pas au sol. Il se contente de ce peu, sans croître, alimenté par les nutriments de ses parents, par les racines et les mycorhizes. Il nous montre en passant que cette persévérance et cette confiance en la vie est en grande partie due à la sécurité qui lui est donnée par ses parents dès la naissance.

Et de fait, il a raison. Il résiste à de nombreuses agressions. Le lierre et le gui ne viennent pas sur lui, ou très peu. La foudre ne l’atteint pas. Le froid n’est pas un problème malgré la finesse de sa peau, car il pousse dans les massifs montagneux jusqu’à plus de 1500 m de hauteur.  Il résiste bien aux parasites, grâce au créosote, ce goudron naturel provenant de son bois. Ses racines sont peu profondes, et pourtant il peut culminer à plus de 40 m de hauteur sans avoir peur de tomber, comme s’il comptait sur sa propre force. En menuiserie, même si c’est un bois dur et souple, on ne peut pas lui faire prendre une forme différente de la sienne. Au niveau calorifique, c’est le feuillus qui dégage le plus de puissance quand il est brûlé, plus encore que le chêne.

Cette confiance naturelle en la vie lui donne aussi la possibilité de se développer doucement sous le couvert d’autres espèces, en attendant son heure. C’est ainsi qu’il peut prendre progressivement le pas sur des futaies de chênes. Une hêtraie est un état très stable de l’écosystème forestier. A une génération de hêtres, succèdera une autres génération de hêtres, contrairement aux bouleaux, plus pionniers, qui laissent ensuite la place.

Le hêtre nous inspire cette confiance et l’on peut s’en imprégner en se blottissant dans le creux d’un grand hêtre, entre ses pattes d’éléphant, dans un sentiment de sécurité et d’abandon. Et l’effet miroir nous parle alors de notre propre confiance. Il nous aide à retrouver la route vers notre sentiment inné de confiance, celui qui réside au plus profond de notre être intérieur !

Et les Celtes l’ont bien intégré, en accordant une place de choix à cet arbre: tout comme le bouleau, le hêtre un des 4 arbres cardinaux, et sa date est celle de la célébration de la fin de la nuit, le 22 décembre, lorsque les jours commencent à rallonger.

 

Exercice pratique pour aller plus loin :

Développez votre confiance en vous, grâce à l’effet miroir de la forêt.

 

Sources :

L’énergie des arbres – Plantes et Santé, hors série 2017

Calendrier Celtique – Michaël Vescoli

Histoires d’Arbres – Philippe Domont et Edith Montelle

L’énergie des arbres – Patrice Bouchardon

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